L’Histoire de l’Ordre de Saint-Lazare : Neuf siècles d’engagement hospitalier et chevaleresque
1. Des origines en Terre sainte à la prise d’Acre (XIᵉ–XIIIᵉ siècle)
La fondation de la maladrerie de Jérusalem
L’origine de l’Ordre de Saint-Lazare remonte aux premiers décennies du XIᵉ siècle, avant même la prise de Jérusalem par la Première Croisade en 1099. Une communauté monastique sous la Règle de saint Augustin établit une maladrerie et un hôpital hors des murailles de la Ville Sainte, près de la Porte de saint Etienne (ou Porte de Damas).
Placé sous le patronage de saint Lazare — personnage évangélique ressuscité par le Christ et figure emblématique du pauvre couvert d’ulcères —, cet établissement avait une vocation unique dans le paysage des institutions religieuses d’Orient : accueillir, soigner et accompagner les lépreux, pèlerins ou habitants touchés par la maladie de Hansen.
Une spécificité unique : Les chevaliers lépreux
Au cours du XIIᵉ siècle, alors que le royaume latin de Jérusalem se structure, l’Ordre de Saint-Lazare acquiert un statut singulier parmi les ordres religieux et militaires (Templiers, Hospitaliers de Saint-Jean, Chevaliers Teutoniques) :
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La Règle militaire et hospitalière : Les chevaliers issus des autres ordres souverains qui contractaient la lèpre devaient, selon les usages de l’époque, quitter leur ordre d’origine pour rejoindre la fraternité de Saint-Lazare.
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La défense des États latins : Bien que frappés par la maladie, ces chevaliers continuaient à porter les armes lorsque la survie des royaumes chrétiens l’exigeait. Ils participèrent à plusieurs batailles majeures, notamment à la bataille de La Forbie en 1244, où le Grand Maître et une grande partie des chevaliers lazaristes périrent les armes à la main.
Le repli vers Saint-Jean-d’Acre
Après la reconquête de Jérusalem par Saladin en 1187, l’Ordre déplaça son siège central à Saint-Jean-d’Acre. Durant un siècle, la Commanderie d’Acre devint le cœur opérationnel de l’Ordre, jusqu’à la chute tragique de la ville en 1291 qui marqua la fin définitive de la présence franque en Terre sainte.
2. L’implantation en Occident et l’enracinement en France (XIIᵉ–XVIᵉ siècle)
La protection des rois de France et la Grande Commanderie de Boigny
Dès le milieu du XIIᵉ siècle, le roi Louis VII, de retour de la Deuxième Croisade, accorda sa protection royale à l’Ordre et lui fit don du domaine de Boigny-sur-Bionne (près d’Orléans) en 1154.
Après la perte de la Terre sainte en 1291, Boigny devint naturellement le siège du Magisterium et le centre névralgique de l’Ordre en Occident. La Grande Commanderie de Boigny coordonnait un vaste réseau européen d’aumôneries, de commanderies et de maladreries établies le long des axes de pèlerinage et des voies fluviales majeures (Loire, Rhône, Seine).
Le réseau des léproseries médiévales
Aux XIIIᵉ et XIVᵉ siècles, l’Europe traversa de graves crises sanitaires. L’Ordre de Saint-Lazare joua un rôle précurseur dans l’organisation de l’assistance publique au Moyen Âge :
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Isolation et dignité : Les maladreries lazaristes étaient construites aux portes des villes pour éviter les contagions tout en offrant un cadre de vie spirituel et communautaire digne.
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Maîtrise foncière : L’Ordre finançait ses soins grâce aux dons de la noblesse, aux chartes royales et à la gestion de domaines agricoles étendus dans des régions comme la Touraine, le Lyonnais, la Normandie et la Bourgogne.
3. Les réformes de l’Époque moderne : L’Union avec Notre-Dame du Mont-Carmel (XVIIᵉ–XVIIIᵉ siècle)
La réorganisation sous Henri IV et Louis XIV
À la fin du XVIᵉ siècle, la régression de la lèpre en Europe et les ravages des Guerres de Religion imposèrent une profonde réorganisation de l’Ordre.
En 1608, le roi Henri IV, soucieux de consolider l’institution et de récompenser la noblesse catholique, unit l’Ordre de Saint-Lazare à l’Ordre de Notre-Dame du Mont-Carmel (créé par le Pape Paul V). Cette union donna naissance aux Ordres réunis de Notre-Dame du Mont-Carmel et de Saint-Lazare de Jérusalem.
L’âge d’or de la marine et de la noblesse royale
Sous Louis XIV et Louis XV, les Ordres réunis connurent un rayonnement considérable :
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Vocation maritime : L’Ordre arma des bâtiments de guerre et fonda une école des cadets à Saint-Malo pour protéger les côtes françaises contre la piraterie.
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Académie militaire et élite hospitalière : Les chevaliers devaient faire preuve de leurs quartiers de noblesse tout en s’engageant au financement des hôpitaux et des pensions militaires.
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Le protectorat royal : Le comte de Provence (futur roi Louis XVIII) devint le Grand Maître de l’Ordre à la fin du XVIIIᵉ siècle, scellant le lien indéfectible entre l’Ordre et la maison de Bourbon.
4. De la Révolution française à la renaissance contemporaine (XIXᵉ–XXIᵉ siècle)
La tourmente révolutionnaire et la continuité
La Révolution française de 1789 supprima les ordres de chevalerie et confisqua les biens fonciers de l’Ordre, dont la Grande Commanderie de Boigny. Malgré la dispersion de ses membres et la perte de ses assises territoriales, la mémoire et la légitimité de l’Ordre furent préservées par le Conseil Officiel sous la protection de membres éminents de la noblesse européenne et du clergé.
La refondation sous forme caritative et œcuménique
Au cours du XIXᵉ et du début du XXᵉ siècle, l’Ordre de Saint-Lazare s’adapta aux exigences du monde moderne :
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Abrogation de la noblesse obligatoire : L’admission s’ouvrit à toutes les personnes de foi chrétienne désireuses de servir leur prochain, indépendamment de leurs origines sociales.
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Dimension œcuménique : Tout en conservant ses racines chrétiennes historiques, l’Ordre accueillit en son sein des membres catholiques, orthodoxes et protestants, devenant un pont de fraternité entre les confessions.
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Service ambulancier : Durant les deux guerres mondiales, l’Ordre créa des corps d’ambulanciers et de secouristes pour intervenir sur les fronts et venir en aide aux blessés civils et militaires.
5. L’Ordre au XXIᵉ siècle : Une tradition vivante de charité
Aujourd’hui, l’Ordre Militaire et Hospitalier de Saint-Lazare de Jérusalem est une organisation caritative internationale active dans plus de quarante pays.
Sans prétention militaire, il déploie ses efforts à travers ses Prieurés provinciaux et Commanderies locales pour répondre aux urgences contemporaines :
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La lutte contre les maladies marginalisées : Continuité du combat historique contre la lèpre et soutien aux programmes de santé dans les pays en développement.
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La solidarité de proximité : Aide matérielle aux personnes en situation de précarité, accompagnement des malades et soutien aux victimes de crises humanitaires.
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La transmission des valeurs : Préservation du patrimoine historique, engagement spirituel et culture de l’entraide chevaleresque.
L’Ordre de Saint-Lazare : Histoire, Vocation et Engagements Actuels
Fondé au XIᵉ siècle, l’Ordre Militaire et Hospitalier de Saint-Lazare de Jérusalem (communément appelé Ordre de Saint-Lazare) est l’une des plus anciennes institutions hospitalières et chevaleresques nées en Terre sainte.
Inspiré par les valeurs de foi, de compassion et de fraternité chrétienne, l’Ordre a traversé les siècles en adaptant son action aux défis sanitaires et sociaux de chaque époque. Aujourd’hui, cette tradition multiséculaire se perpétue à travers des œuvres caritatives et humanitaires menées par ses prieurés et commanderies à travers le monde.
1. Origines et histoire de l’Ordre de Saint-Lazare de Jérusalem
La naissance en Terre sainte (XIᵉ–XIIᵉ siècle)
L’origine de l’Ordre de Saint-Lazare remonte aux premiers temps des Croisades à Jérusalem. Établi hors des murailles de la Ville Sainte, un hôpital géré par des religieux accueillait et soignait les pèlerins et les chevaliers frappés par la lèpre. Placé sous le patronage de saint Lazare, l’établissement devint progressivement une communauté autonome mêlant vocation monastique et hospitalière.
À la différence des grands ordres militaires de l’époque (comme les Templiers ou les Hospitaliers de Saint-Jean), l’Ordre de Saint-Lazare se distinguait par sa mission prioritaire de soin aux lépreux.
Le repli en Europe et l’installation en France
Après la chute des États latins d’Orient à la fin du XIIIᵉ siècle, l’Ordre de Saint-Lazare replia ses structures en Europe occidentale. En France, il établit son siège à la Grande Commanderie de Boigny (près d’Orléans) sous la protection de la Couronne. L’Ordre y organisa un solide réseau de léproseries, d’aumôneries et de commanderies finançant l’assistance aux malades.
Évolutions modernes et union avec Notre-Dame du Mont-Carmel
Au XVIIᵉ siècle, sous le règne d’Henri IV, l’Ordre de Saint-Lazare fut réorganisé et uni à l’Ordre de Notre-Dame du Mont-Carmel. Cette période renforça son assise noble et sa vocation spirituelle au service du royaume de France, jusqu’aux bouleversements de la Révolution française.
2. Les symboles et la tradition lazariste
La croix verte à huit pointes
Le symbole le plus célèbre de l’Ordre de Saint-Lazare est la croix verte à huit pointes (souvent identifiée comme la croix de Saint-Lazare). La couleur verte, traditionnellement associée à l’espérance et à la santé, a grandement inspiré au fil des siècles le symbole de la pharmacie et des secours médicaux. Les huit pointes rappellent les huit béatitudes évangéliques.
La devise : Atavis et Armis
La devise historique de l’Ordre, « Atavis et Armis » (Par nos ancêtres et par nos armes), symbolise la fidélité à la tradition transmise par les anciens et l’engagement actif au service du Prochain. Les « armes » contemporaines des membres de l’Ordre ne sont plus les épées du Moyen Âge, mais la charité, la foi et le service humanitaire.
3. L’Ordre de Saint-Lazare de Jérusalem aujourd’hui : Vocation et missions
De nos jours, l’Ordre de Saint-Lazare ne conserve aucune fonction militaire. Il s’agit d’une organisation œcuménique et caritative réunissant des femmes et des hommes de conviction unis dans l’exercice de la charité chrétienne.
Ses grands axes d’action s’articulent autour de trois engagements :
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L’action hospitalière et la santé : Soutien à la recherche médicale, aide aux victimes de maladies marginalisées (dont la lèpre dans les pays en développement) et développement d’actions d’assistance de proximité.
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La lutte contre la précarité et l’isolement : Partenariats avec des associations locales pour secourir les sans-abris, accompagner les personnes âgées et soutenir les familles en difficulté.
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Le rayonnement spirituel et œcuménique : Promotion du dialogue entre les chrétiens de différentes confessions (catholiques, orthodoxes, protestants) dans un esprit de fraternité et de prière commune.
4. L’action en région : Le Prieuré Provincial de Touraine

Afin de mener à bien ses missions au plus près des besoins du terrain, l’Ordre de Saint-Lazare s’organise en structures territoriales.
Le Prieuré Provincial de Touraine rassemble plusieurs commanderies et délégations régionales (notamment en Touraine, dans le Lyonnais et les provinces environnantes). Par l’engagement de ses membres bénévoles, le Prieuré mène des projets de solidarité concrète, participe à la vie culturelle et spirituelle locale, et assure la pérennité de l’idéal lazariste.
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Voici l’organisation du Prieuré Provincial de Touraine avec ses différentes composantes et délégations:
- Commanderie de Touraine de l’Ordre de Saint-Lazare ;
- Délégation de l’Ordre de Saint-Lazare à Lyon ;
- Délégation de l’Ordre de Saint-Lazare à Royan ;
- Délégation de l’Ordre de Saint-Lazare du Bas-Limousin ;
- Délégation de l’Ordre de Saint-Lazare en Normandie ;
- Délégation de l’Ordre de Saint-Lazare d’Amboise.